Remplacer les bornes actuelles par des dispositifs interactifs, par exemple sur le modèle des bornes Autolib’. Augmenter le nombre de places de stationnement réservées aux taxis en fonction de la hausse du nombre de licences et des besoins de professionnels, qui doivent être consultés.

1.3. La tarification des taxis et les moyens de paiement doivent être modernisés pour attirer et fidéliser les consommateurs

Sur le marché de la réservation préalable, le prix des courses des taxis est, comme en maraude, défini par le compteur, c’est-à-dire réglementé. Il comporte une course d’approche, une prise en charge forfaitaire puis un prix combinant la distance parcourue et le temps écoulé. Le taxi doit obligatoirement mettre en marche son compteur durant les courses. Le forfait est en théorie possible, s’il est inférieur au tarif compteur. Il s’agit dans ce cas d’une remise sur la course.

L’obligation de tarifer au compteur pour les taxis en réservation préalable, marché pourtant ouvert, les place dans une situation défavorable au regard de la concurrence des VTC. En effet, ceux-ci sont en mesure de proposer un prix forfaitaire, attractif pour la clientèle, qui valorise l’assurance d’un prix fixé avant le début de la course. En revanche, cette possibilité ne leur est pas offerte quand ils utilisent un taxi.

Comme le soulignait l’Autorité de la concurrence dans son avis du 5décembre2013, « l’incertitude sur le prix final qui en résulte peut rebuter une partie de la clientèle à prendre un taxi, du fait de cette forte aversion au risque ». Selon un sondage réalisé par l’institut BVA en mars 2014 auprès d’utilisateurs de taxis et de VTC à Paris et dans la petite couronne, le prix annoncé à l’avance est cité par 77 % des personnes interrogées comme une raison les ayant conduits à utiliser le VTC, très loin devant l’attractivité du tarif (37 %). Il s’agit même de la raison principale pour 41 % des sondés. D’autre part, 86 % des personnes interrogées ont déjà été surprises par le montant demandé à la fin de la course en taxi, 50 % estiment que le tarif taxi est peu clair ou pas clair du tout et 80 % estiment que la course d’approche n’est pas justifiée. La tarification apparaît donc comme un avantage concurrentiel déterminant pour les VTC.

L’ouverture de la tarification des taxis serait une arme importante pour leur permettre de développer leur activité en réservation préalable, le compteur restant bien sûr indispensable pour les courses sans réservation. La possibilité de tarifer au forfait pour les courses réservées à l’avance permettrait de régler la question de la course d’approche, dont le montant serait intégré au forfait. En outre, des forfaits différenciés pourraient être prévus selon l’heure de commande, la catégorie de la voiture ou les services associés. Ces différenciations offriraient des incitations fortes aux taxis pour mieux répondre à la demande aux heures de pointe ou pour proposer des services innovants.

Cependant, les organisations professionnelles entendues par la mission sont en grande majorité réticentes à l’idée d’autoriser une tarification au forfait pour la réservation préalable. Les taxis restent globalement attachés à l’utilisation du compteur, même pour les courses sur réservation. Une piste pourrait donc être de laisser ouverte la possibilité de facturer soit au compteur, soit au forfait en réservation préalable pour les professionnels qui le souhaiteraient. Ceux-ci pourraient aussi proposer les deux options à leurs clients.

Par ailleurs, la course d’approche pouvant fortement varier, il est très difficile pour un client d’estimer le montant de total de la course. Il faut souligner qu’il n’existe pas de course d’approche dans de nombreux pays. Quand elle existe, elle est en outre fréquemment limitée, par exemple avec un maximum de 6 € à Madrid. La course d’approche rend aussi beaucoup plus attractif la réservation préalable : elle incite le taxi à faire durer l’approche pour augmenter le revenu tiré de la course. Elle contribue au peu de goût des taxis pour la maraude. Les taxis ne circulent donc pas en quête de clientèle et les citadins, sachant qu’ils ne trouveront pas de taxi dans la rue immédiatement, préfèrent réserver une course (en VTC ou en taxi). La revalorisation de la maraude passe donc aussi par une réflexion sur la course d’approche.

A défaut d’une autorisation de facturation au forfait pour la réservation préalable, il serait donc envisageable de forfaitiser la course d’approche en ville, par exemple en prévoyant qu’elle soit égale à la course minimum. Telle qu’elle est conçue actuellement, la course d’approche désincite les centrales de réservation à diminuer au maximum le temps d’attente pour la clientèle : plus ce temps est long, plus la course sera rémunératrice. Elle n’incite pas non plus le chauffeur à emprunter l’itinéraire le plus court pour rejoindre le client, ni à diminuer le temps d’attente du client. Son mode calcul est donc intrinsèquement antiéconomique. A Paris, la course minimum pourrait alors être fixée à 7 €, prix plus lisible pour le consommateur que l’actuelle tarification à 6,86 €. Le taxi arriverait ainsi au point de prise en charge avec un compteur à 7 €, prévisible et fixe, ce qui serait apprécié par le client. Une autre possibilité serait l’instauration d’un forfait d’approche spécifique à la réservation, distinct de la course minimum. Les chauffeurs de taxi devraient en outre être autorisés à ne pas facturer la course d’approche s’ils le souhaitent. Une mise à jour des équipements serait nécessaire pour activer le signal lumineux « occupé » sans enclencher le compteur.