1. La maraude électronique, un nouveau marché pour les taxis : Mettre à disposition gratuitement les informations relatives à la localisation, à la disponibilité et au tarif des taxis, afin que tout éditeur d’application puisse mettre en relation clients

et chauffeurs en temps réel. L’ « open data » des taxis serait alimenté par les autorisations de stationnement, dont la délivrance serait accompagnée d’une obligation de figurer dans la base de données publique. La concurrence entre applications s’exercerait alors au niveau des services (paiement dématérialisé, options offertes à bord, etc.).

Graphique 1 : Favoriser la maraude électronique des taxis

application taxis

1.2. Le taxi doit être reconnu comme essentiel à la ville intelligente 1.2.1. Le taxi doit devenir une vitrine de la ville

Dans les principales villes de France, la tendance est à la réduction des déplacements en véhicules individuels, responsables d’une forte congestion et de pics de pollution récurrents. Les municipalités favorisent donc le développement des transports en commun et de nouvelles offres pour les citadins, comme les vélos, les automobiles en libre-service, le co- voiturage ou l’auto-partage. La circulation alternée couplée à la gratuité des transports en commun a été ponctuellement mise en œuvre à Paris le 17 mars 2014 pour lutter contre une forte pollution atmosphérique.

L’observatoire des déplacements à Paris, qui publie ses observations de façon homogène depuis 2001, met en évidence une diminution très sensible de la circulation automobile (près de 25 %) sur le réseau instrumenté (c’est-à-dire sur les grands axes). Le nombre de véhicules immatriculés à Paris baisse régulièrement de 1 à 2 % par an, et le parc automobile parisien a diminué de 8 % entre 2001 et 2010. Par ailleurs, l’enquête globale transport menée en Île-de- France entre 2009 et 2011 par l’observatoire de la mobilité montre une diminution sensible du nombre de titulaire du permis de conduire dans la classe d’âge 18-24 ans tant à Paris qu’en Île-de-France. On voit donc apparaître de véritables changements de comportements qui se traduisent non seulement par une hausse sensible des déplacements en transport en commun, mais également par la croissance de nouvelles mobilités (Vélib’, Autolib’ notamment). Si les habitants de la grande couronne disposent de 530 véhicules pour 1 000 habitants, ce chiffre n’est que de 275 à Paris. Surtout, il a diminué de 7 % dans cette ville entre 2001 et 2010. En outre, le Plan de déplacement urbain d’Île-de-France, établi par le Syndicat des transports d’Île-de-France (STIF), arrêté par le Conseil régional, et soumis à enquête publique en 2013, se donne comme objectif, pour satisfaire la demande croissante de déplacements, d’augmenter de 20 % la part des transports collectifs, de 10 % celle de la marche et du vélo, et de diminuer de 2 % la part des voitures et deux-roues motorisés.

Le taxi doit s’inscrire dans ces évolutions, pour devenir une véritable alternative à la voiture individuelle. Avec une flotte récente et des offres « vertes », le taxi, surtout s’il est partagé, est un mode de déplacement moins polluant que la voiture individuelle. A titre informatif et selon une étude réalisée par un syndicat de taxi sur 10 258 artisans, l’âge moyen des véhicules serait de 1,84 ans à Paris et de 2,47 ans en province, soit très inférieur à l’âge moyen du parc de voitures individuelles9. Les véhicules propres se développent, la G7 comptant par exemple à Paris 1 200 « GreenCab ».

Les évolutions actuelles offrent des possibilités de développement importantes aux taxis : à titre d’illustration, les londoniens n’ayant pas de voiture effectuent 4 % de leurs déplacements en taxis ou VTC contre 1 % pour les résidents ayant une voiture individuelle10. Le développement d’une offre complète de taxis et de VTC encouragerait les parisiens à moins utiliser leur voiture individuelle et permettrait donc de décongestionner la ville. La diminution continue de l’équipement des ménages en automobile à Paris et en Île-de-France et le développement des réseaux sociaux ouvrant à de nouveaux modes de mobilité, montrent, même s’il est difficile aujourd’hui de le quantifier, un besoin croissant de transports à la demande sous des formes nouvelles.

Cependant, le taxi ne deviendra une véritable alternative à la voiture individuelle en ville que si les véhicules deviennent toujours plus écologiques, au-delà même des flottes « vertes » existantes. Par ailleurs, le recours à des véhicules fabriqués en France serait souhaitable. Actuellement, selon l’étude d’un syndicat de taxi précitée, 55 % des artisans roulent en voiture soit de la marque Mercedes (pour 28 %), soit de la marque Toyota (pour 14 %) ou soit de la marque Volkswagen (pour 14 %). Les marques française Peugeot et Renault ne représentent respectivement que 5,8 et 4,1 % du parc. En raison de sa visibilité, de la fréquence des renouvellements et de l’importance du parc, le taxi intéresse les constructeurs français, ce qui a été confirmé à la mission. Ils sont prêts à proposer des offres adaptées aux contraintes et besoins spécifiques des taxis. De telles offres pourraient les inciter à se tourner en priorité vers des véhicules hybrides, voire électriques fabriqués en France lors des prochains renouvellements.

9 8,3 ans en 2012 selon l’INSEE.
10 London Travel Report, 2003